Etude clinique et bilan bactériolgique
I. Etude clinique
Notre étude clinique a été faite sur un échantillon de sept (07) patients se sont présenté au service de pathologie bucco-dentaire du centre hospitalo-universitaire d’ORAN pour un éventuel traitement de leurs accidents infectieux d’origine dentaire à partir desquels nous avons fait le premier prélèvement, le deuxième est fait à partir des dents qui étaient à l’origine de ces accidents infectieux.
Un certain nombre de ces prélèvements est étudié au laboratoire de bactériologie-service de parodontologie de la clinique de chirurgie dentaire d’ORAN, deux autres prélèvements sont traités au niveau du laboratoire central Z. MOKHTARI-service de microbiologie, le dernier examen bactériologique s’est fait au niveau du laboratoire d’analyses médicales de Dr H.A. Benyettou.
Un examen clinique classique a été fait de ces patients dont nous avons le résumé dans le tableau suivant :
Code |
Nom et prénom |
Age |
Etat général |
Dent causale |
Type d’infection |
P 1 |
Benour Adjal |
22 ans |
RAS |
37 : deuxième molaire inférieure gauche |
Cellulite suppurée |
P 2 |
Taouche Mohamed |
35 ans |
Epileptique |
44 : première prémolaire inférieure droite |
Abcès périapical |
P 3 |
Belhadj Mustapha |
19 ans |
Diabétique (03ans) |
14 : première prémolaire supérieure droite |
Abcès palatin |
P 4 |
Djaatit Kheira |
30 ans |
RAS |
36 : première molaire inférieure gauche |
Cellulite suppurée |
P 5 |
Aabassi Abdelfetah |
33 ans |
RAS |
36 : première molaire inférieure gauche |
Cellulite suppurée |
P 6 |
Touati |
23 ans |
RAS |
46 : première molaire inférieure droite |
Cellulite suppurée |
P 7 |
Rahil Naima |
6 ans |
RAS |
26 : première molaire supérieure gauche |
Abcès palatin |
II. Bilan bactériologique
A/ Résultats du laboratoire de la clinique de chirurgie dentaire (service de parodontologie)
L’étude est portée sur quatre (04) prélèvements (P2, P3, P4, P6) de cellulites suppurées et de deux (02) prélèvements (P4 et P6) au niveau des dents affectées.
Les prélèvements acheminés au laboratoire ont subi des examens microscopiques directs (état frais-coloration de Gram) qui nous permettent d’établir un diagnostic d’orientation des bactéries, ainsi qu’une culture en aérobiose.
L’état frais : nous permet de distinguer les différentes formes bactériennes, leur abondance et surtout d’évaluer la mobilité des germes.
La coloration de Gram : permet également de noter la morphologie des bactéries et de les classer en : bactéries à Gram positif et bactéries à Gram négatif.
Résultats
1/ Cellulite suppurées
Nous avons noté une faible densité de germes caractérisés par des cocci et des bâtonnets, certains mobiles, d’autres immobiles.
Une prédominance de cocci Gram positif, quelques cocci Gram négatif et une faible présence de bâtonnets Gram positif et Gram négatif.
2/ Dents affectées
L’examen microscopique a montré une flore plus abondante, plus mobile représentée par des formes différentes : cocci, bâtonnets droits, incurvés, ramifiés et quelques spirochètes.
La coloration de Gram a révélé une quantité importante de bâtonnets ramifiés Gram positif, de cocci Gram positif et d’une quantité relativement faible de cocci, bâtonnets et spirochètes Gram négatif.
L’identification
L’étude des caractères bactériologiques des bactéries isolées à partir de pus de cellulites suppurées a permis d’associer les cocci à Gram positif de la microflore aux germes : Staphylococcus et Streptococcus.
Les cocci à Gram négatif au genre : Neisseria
Les bâtonnets à Gram positif au genre : Actinomyces.
Conclusion
Les prélèvements de pus issus de patients atteints de cellulites suppurées sont polymicrobiens et que dans cette atteinte, c’est le Staphylococcus qui est majoritaire.
Dr Belhachmi M.
Laboratoire / service de parodontolgie
Clinique de chirurgie dentaire d'ORAN / Algrie
Mardi 01 / 08 / 2000
B/ Résultats du laboratoire central (CHUO) et du laboratoire d’analyses médicales de Dr H.A. Benyettou «ES SENIA »
Les examens cytobactériologiques faits au niveau du laboratoire central Z. Mokhtari (P1 et P5) et ceux du laboratoire d’analyses médicales de Dr H.A. Benyettou (P7) montrent que le germe Staphylocoque à coagulase négatif (P5), Staphylocoque spp.(P1) et Staphylocoque epidermidis (P7) sont les germes responsables de cellulites suppurées d’origine dentaire des patients déjà classés.
L’antibiogramme donnait les résultats suivants :
- le Staphylocoque à coagulase négatif est sensible aux antibiotiques suivants :
Gentamycine
Erythromycine
Pristinamycine
Amikacine
-D’autre part, cette bactérie est résistante aux :
Oxacilline
Vancomycine
Ofloxacine
- le Staphylocoque spp. est sensible aux antibiotiques :
Erythromycine
Spiramycine
Pristinamycine
Fosfomycine
Amikacine
Vancomycine
- le Staphylocoque epidermidis est sensible aux :
Gentamycine (très sensible)
Streptomycine (très sensible)
Erythromycine
Amikacine (très sensible)
- Il est par contre résistant aux :
Cefsulidine
Tetracycline
Pefloxacine
Penicilline
Ampicilline
Chloramphenicol
Oxacilline
C/ Autres résultats bactériologiques (en 1995 et 1999)
Des autres études bactériologiques ont été faites par Melle Rebhi Zakia en 1995 et Melle Gherbi Latifa et Kouaki Djamila en 1999 (qu’elles étaient des internes en chirurgie dentaire), sous titre de mémoires encadrés respectivement par Dr F. Guedda et Dr K. Mebarki avec Dr B. Hamideche.
Ces études concernaient des cas de cellulites de diverses formes cliniques (aiguës, subaiguës et même chroniques, diffuses et localisées) de nombreux patients présentés au service de pathologie bucco-dentaire de l’hôpital d’ORAN.
Celle de Melle Rebhi Zakia est faite sur quarante (40) cas de cellulites cervico-faciales. Elle a obtenu les résultats suivants :
Germe responsable Pourcentage “%”
Staphylocoque 12,5
Enterobacter 2,5
Streptocoque pyogène 10
Staphylocoque aureus 7,5
Streptocoque du groupe D 7,5
Culture stérile 70
Interprétation des résultats
On note un taux élevé de culture stérile sachant que la plupart des patients étaient déjà sous traitement.
Elle a représenté ses résultats statistiquement sous forme d’un histogramme :
Interprétation
Le taux des Staphylocoques est de 12,5 % et celui des Staphylocoques aureus est de 7,5 % de la population. Mais 70 % de cette polpulation présente une culture stérile, de ce fait, la taux des Staphylocoques dans la flore bactérienne est de:
12,5 + 7,5 / (100 – 70) = 66,66 %.
La deuxième étude qui a été réalisée par Melle Gherbi Latifa et Kouaki Djamila, elles ont remarqué que les cellulites étaient causées surtout par le Staphylocoque “88,88 %” et rarement par le Streptocoque ”11,12 %”.
Remarque
En comparant ces résultats avec les notre, nous trouvons que les Staphylocoques deviennent de plus en plus majoritaires dans la flore microbienne des dents et leurs accidents infectieux.
D’où proviennent les Staphylocoques ?
Les Staphylocoques sont des cocci Gram positif, typiquement groupés en amas (en forme de grappe de raisin) ; ils sont facultatifs et possèdent une catalase qui permet de les différencier des Streptocoques. Ils sont immobiles, asporulés et en général sans capsule. Les Staphylocoques dits à coagulase positif comme S. aureus ont un pouvoir pathogène important dû à la présence de l’enzyme staphylocoagulase. S. epidermidis et S. saprophyticus sont des Staphylocoques à coagulase négatif. S. aureus est le type même des bactéries pyogènes, c’est à dire, des bactéries provoquant essentiellement des lésions suppuratives et nécrotiques.
La peau et les muqueuses en particulier des cavités nasales, sont l’habitat préférentiel des Staphylocoques, où S. aureus et S. epidermidis constituent la flore commensale dominante. La salive du tiers des individus sains contient S. aureus et S. epidermidis en faible proportion, et leur présence dans la plaque n’est qu’occasionnelle. On trouve constamment S. epidermidis sur les lèvres et les commissures labiales. Sur ces sites ainsi que sur la langue, une forte proportion de S. aureus signe une pathologie. Ces données indiquent que les Staphylocoques ne font pas partie de la flore indigène de la cavité buccale. Toutefois, la proximité d’habitat où ils sont la flore dominante explique qu’ils cune flore de passage exprimant à l’occasion un pouvoir pathogène opportuniste.
Les lésions quicaractérisent les Staphylococcies sont suppuratives et nécrotiques, d’évolution aiguë ou suraiguë et parfois même chronique.
Elles sont dues à S. aureus, appelé vulgairement Staphylocoque doré en raison de la couleur jaunâtre de ses colonies sur gélose. S. aureus devient de plus en plus résistant aux antibiotiques ! ! !
III. Antibiotiques et antibiothérapie
Le choix initial d’un antibiotique dépend de la bactérie reconnue responsable.
Pour être efficace, la prescription d’une antibiothérapie probabiliste par le praticien nécessite en outre, de bonnes connaissances à la fois du spectre d’activité, des données épidémiologiques sur la résistance aux antibiotiques du germe présumé responsable de l’infection (voir tableau ; page F : annexe).
Choix d’une monothérapie ou d'une association
Une monothérapie est la règle pour traiter la plupart des infections courantes rencontrées en médecine de ville.
Le choix d’une association d’antibiotiques doit rester l’exception et réservé aux patients hospitalisés. Il a pour objectif d’obtenir un effet synergique, d’élargir le spectre antibactérien en cas d’infection polymicrobienne et de limiter l’émergence de souches bactériennes résistantes.
N.B.
En plus de l’antibiothérapie, le chirurgien dentiste dans le traitement des accidents infectieux, peut prescrire des anti-inflammatoires pour diminuer l’œdème et des antalgiques pour calmer la douleur.