Introduction / Généralités

I. Introduction

On estime qu’un être humain est constitué d’environ 1013 cellules et qu’il est l’hôte d’approximativement 1014 microbes. Cette simple observation nous amène à dire que toute vie est en faite une coexistence.

La bouche et le colon sont les parties du corps les plus septiques. On remarquera qu’elles se situent chacune à une extrémité du tube digestif et que les bactéries qui colonisent la seconde ont forcément transité par la première. Or, à quelques exception près, les flores respectives de ces deux sites sont radicalement distinctes. Cette constatation, parmi d’autres, met en évidence le particularisme microbiologique de la cavité buccale et amène plusieurs questions. Par exemples : quelles lois biologiques permettent d’expliquer qu’une flore bactérienne aussi diverse d’abord s’y installe et ensuite, s’y maintienne ? Comment s’expliquer l ‘incontournable coexistence, d’abord entre les éléments eux-mêmes de cette flore complexe, puis entre cette flore et l’individu qui l’héberge ?

La cavité buccale est un carrefour aéro-digestif ou transitent en permanence les aliments et l’air contaminé par les micro-organismes de l’environnement. Il n’est donc pas étonnant qu’une flore commensale très abondante soit associée aux muqueuses buccales et aux sécrétions salivaires.

La majorité des infections de la cavité buccale est d’origine dentaire, à partir des bactéries de la plaque dentaire qui donnent une lésion creusante et destructrice ou de celles de la flore du sillon gingivo-dentaire qui envahit le parodonte(parodontites).

Les examens bactériologiques sont prescrits peu souvent en médecine dentaire, car c’est la flore bactérienne normale, complexe de la cavité buccale qui est habituellement la source des infections endogènes affectant les structures adjacentes à la cavité buccale.

A l’heure actuelle, ces examens bactériologiques réalisaient à partir des prélèvements pris du site infectieux, suivis par toutes les étapes de laboratoire (transport et enregistrement du prélèvement au laboratoire, culture, isolement de la bactérie, identification de la bactérie pathogène responsable jusqu’à la mesure de la sensibilité aux antibiotiques : antibiogramme pour entamer l’antibiothérapie ciblée), toutes ces manœuvres nécessitent un certain temps non négligeable qui peut retarder le traitement et donc diminuer de son efficacité et va permettre une forte évolution de l’infection.

L’intérêt de notre recherche est de trouver une relation entre les bactéries pathogènes qui se trouvent au niveau de la dent responsable de la pathologie et la nature de cette pathologie elle-même.

Dans un contexte de thérapie spécifique, il y aurait donc une discordance, pour une même pathologie, sur le choix de la bactérie cible selon qu’un acte curatif ou un acte préventif est à prescrire. Sans doute, beaucoup est à apprendre sur la bactériologie des pathologies d’origine dentaire, en particulier pour permettre une plus grande précision dans le diagnostic, afin d’adapter le geste thérapeutique le mieux approfondie.

 

II. Généralités

Les premières bactéries ont été observées par le naturaliste hollandais Antonie Van Leeuwenhoek avec un simple microscope dans l'année 1680. La bactériologie ne fut reconnue en tant que science qu'au milieu du XIXe siècle. Pendant près de deux siècles, on a cru que les bactéries étaient issues de la génération spontanée. Les efforts de plusieurs générations de chimistes et de biologistes ont été nécessaires pour prouver que les bactéries, comme tout organisme vivant, pouvaient se reproduire. Ce fait essentiel fut finalement établi en 1860 par Louis Pasteur. Il découvrit également que le processus de fermentation ainsi que de nombreuses maladies infectieuses étaient provoquées par des bactéries. La première classification systématique des bactéries fut publiée en 1872 par Ferdinand J. Cohn, biologiste allemand, qui les classa dans le règne végétal. Elles font aujourd'hui partie de la famille des monères.

En 1876, Robert Koch, qui a réalisé les premières cultures de bactéries sur milieu nutritif artificiel, comprit qu'une bactérie était responsable de l'anthrax. En 1880, Pasteur découvrit accidentellement que Bacillus anthracis, cultivé à une température comprise entre 42 et 43 °C, perdait de sa virulence après plusieurs générations. Quelques années plus tard, on s'aperçut que les animaux contaminés par ces bactéries affaiblies étaient devenus résistants aux bacilles virulents. La prévention des maladies par vaccination a commencé à cette époque.

La bactériologie a été marquée par d'autres étapes importantes comme la découverte des organismes provoquant la fièvre récurrente (1868), la fièvre typhoïde (1880), le tétanos (1885), la tuberculose (1890), la peste (1894), la dysenterie bacillaire (1898) et la syphilis (1905).

Dans la bactériologie Bucco-dentaire, la carie dentaire été la plus attirante de nombreuses recherches. En 1683, Leeuwenhoek a écrit la plaque bactérienne, sa localisation interproximale et cervicale, les principaux micro-organismes qui la composent. Il a noté que les micro-organismes sont présents dans la plaque, non dans la salive. Il a prouvé que la plaque est imperméable au vinaigre : une bouche rincée au vinaigre, soumise ensuite à un prélèvement de la plaque présente des micro-organismes encore vivants. Du vinaigre ajouté ensuite à ce prélèvement sous le microscope provoque la mort rapide des micro-organismes. Leeuwenhoek conclut que le milieu de la plaque est différent du reste du milieu buccal et que le vinaigre ne pénètre pas dans la plaque. Ceci doit être rappelé même après trois cent ans.

En 1890, Miller a constaté avec du papier tournesol que les couches profondes des plaques bactériennes étaient acides (dans 225 cas sur 230) ; il a noté que la décomposition des protéines peut donner des produits alcalins et neutraliser cette acidité ; il a constaté que le milieu interne de la plaque est indépendant de la reaction de la salive.

A présent, les recherches sur la carie occupent beaucoup de chercheurs spécialisés en biochimie, microbiologie, cristallographie, épidémiologie et autres sciences.

C’est une caractéristique de l’univers qui nous entoure d’être peuplé de plus «bons » que de «mauvais » microbes. La cavité buccale, bien qu’elle soit l’un des sites les plus contaminés de l’organisme, ne fait pas exception à la règle. Il semble, en effet, que la grande majorité des quelque 200 genres et espèces différentes qu’il est à ce jour possible d’identifier dans la bouche humaine font partie d’une flore compatible avec l’état de santé buccale. Cet équilibre hôte-parasite est toutefois souvent bouleversé, au détriment de l’hôte, laissant place à la maladie : caries, infections endodontiques, parodontolyses, infections à distance en sont les manifestations morbides.

Bactériologie, étude des bactéries, de leur classification et de la prévention des maladies dues à des infections bactériennes. La bactériologie est une discipline qui intéresse non seulement les biologistes cellulaires mais également les chimistes, les biochimistes, les généticiens, les pathologistes, les immunologistes et les médecins.

Bactérie (du grec baktêria, «bâton»), organisme unicellulaire microscopique, dont le noyau n'est pas délimité par une membrane et qui se reproduit par scissiparité.

Les bactéries mesurent généralement de 1 à 10 micromètres. On les trouve dans presque tous les milieux, dans l'air, le sol, l'eau, la glace, et les sources d'eau chaude, jusqu'aux cheminées hydrothermales des profondeurs de l'océan où elles métabolisent le soufre. Les bactéries constituent, par leur multiplication rapide et la variété de leurs activités chimiques un groupe d'une importance capitale pour l'équilibre du monde vivant.

Tout micro-organisme, qui peut (lorsque les circonstances sont adéquates) provoquer une maladie, est qualifié de pathogène. Les maladies d’origine microbienne, certaines sont dues à des champignons, certaines à des virus, d’autres à des protozoaires et enfin à des bactéries.

Dans certains cas, la lientre maladie et agent pathogène est hautement spécifique : telle maladie ne peut être causée que par une espèce appropriée ou par une souche particulière de cette espèce.

L’exposition à un «agent causal » donné n’entraîne pas nécessairement la maladie. En fait, l’apparition de la maladie dépend souvent de divers facteurs, notamment du degré de résistance de l’hôte et de la virulence (capacité de provoquer la maladie) de l’agent pathogène.

Les notes descriptives ci-dessous ont pour simple but de donner une idée de l’éventail des types d’infection qui peuvent impliquer des bactéries. Quelques-unes de ces maladies peuvent être dues à des agents non bactériens et souvent, par les agents pathogènes spécifiques, uniquement. Le nom est suivi par (a) le nom du ou des agents responsables, (b) les symptômes caractéristiques (c) la ou les voies d ‘infection, lorsqu’elles sont connues.

Exemples :

- Conjonctivite : divers, par exemple Haemophilus influenzae. Inflammation de la conjonctive (membranes muqueuses de l’œil).

- Cystite : divers, par exemple E.coli (les souches pourvues de «fimbriae P » adhèrent à l’uroépithelium), Proteus spp. Inflammation de la vessie. Infection : descendant des reins ou (plus fréquemment) montant de l’urètre. Dans ce dernier cas, les agents responsables sont communément E.coli et Proteus.

- Méningite : divers, par exemple Neisserai meningitidis, Haemophilus influenzae type b (agent habituel chez les bébés et enfants), Streptococcus pneumoniae. Inflammation des méninges (membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière). Aérosols, blessures à la tête, etc.

- Tétanos : Clostridium tetani (souches virulentes). Contraction musculaire prolongée, involontaire. Habituellement, blessures contaminées.

- Cellulite : habituellement, souches de Staphylococcus ou de Streptococcus. Inflammation diffuse qui se propage, affectant typiquement les tissus sous-cutanés.

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